Saint-Michel II

Je cherchai à réaliser une maquette de bateau : un vieux gréement. En 2005 à la journée du patrimoine lors d’une visite très intéressante au musée des sciences et des techniques, une personne nous a dirigées vers le chantier de l’association la « Cale 2 l’ile » pour voir le début de la construction d’un bateau, la quille et la pose des premières membrures… Nous avons aussi assisté à une petite conférence sur le projet du Saint-Michel II.

L'heureux propriétaire

Je me suis dit que ce serait une bonne idée de réaliser une maquette en suivant la construction de la réplique du bateau de Jules Verne.

Le Saint-Michel ll a été commandé en 1875 au chantier Abel Lemarchand du Havre et mis à l’eau en 1876.

Après quelques contacts avec les responsables de l’association, je rentre en relation avec un des membres, Bruno, qui réalise la maquette au 20ème en suivant la construction. Il prend toutes les étapes en photos et les accompagne d’informations techniques ainsi que du vocabulaire de charpentier de marine qui va avec.

Avec un peu de matériel et une bonne motivation ce projet va pouvoir démarrer !

A notre Association Miniflotte 44, le projet trouve sa place, un vieux gréement en construction à Nantes … C’est parti !

 

Pour moi il faut rassembler la matière première, les plans, les matériaux, le plomb, l’alu, le laiton, le fil, le bois noble. C’est là que l’esprit associatif prend tout son sens.

Un principe pour moi c’est de trouver des produits de deuxième vie.

J’ai trouvé le bois, de l’itauba de couleur brun, grain fin. Je refais les plans au 15ième pour me rapprocher d’une longueur de 1mètre afin de faciliter le transport, car je prévois de la faire naviguer : la belle aventure commence…

Première pièce, la quille formant la base de la charpente, puis le lest en plomb, il faut maintenant tracer les couples et les découper, il y a 36 pièces à aligner,

L’ajustage et l’assemblage du squelette sur le chantier se fait coque à l’envers. Il est essentiel de garder comme référence la ligne d’eau et l’axe du bateau.

Il faut maintenant que je découpe des faux couples pour fixer les membrures tribord puis bâbord et petit à petit la forme du Saint-Michel II commence à apparaître.

Le bordage peut commencer, une latte sur la base des couples pour aligner l’ensemble, les bordées doivent être très bien appuyées sur les membrures.

Pose de la préceinte qui définit la ligne du pont, le bordage peut commencer alternativement bâbord tribord en haut et en bas et au milieu pour des contraintes de tension sur la coque, il n’y aura pas de pointe sur ce bateau, les derniers bordées ne sont pas les plus faciles à poser.

Je peux retourner la coque et coller quelques faux barrots qui tiendront l’écartement de la coque le temps de démonter les faux couples, et de fixer la bauquière et sous-bauquière, le serre-bouchain, puis je passe à la construction du pont.

Je fabrique les barrots avec le galbe et les ouvertures sur le pont, il y a beaucoup de temps à passer.

Puis il faut poser le plat bord en 3 parties sur la longueur, l’assemblage se fait avec un trait de Jupiter, toujours en bois noble, puis perçage et ajustage des jambettes et ensuite montage du bordé de pavois de la sous lisse et lisse de pavois, virure du pont.

A cette étape il a fallu penser à la motorisation du bateau. En 1875, il ne possédait pas de moteur tout se faisait à la main, aujourd’hui, la réplique est motorisée et il y a des normes de sécurité à respecter.

Pour la maquette le gouvernail sera commandé par un servo-treuil à bras, il faut percer la coque pour placer l’arbre d’étambot et aligner la mèche qui supportera le safran.

Les lignes du bateau sont agréables à regarder, il y a ensuite l’étape du ponçage, de l’étanchéité et de la protection du bois.

Une anecdote, les gens qui m’entourent me disent quel gâchis de peindre cette coque, elle est trop bien ! Mais pour respecter l’original il faut se résigner à peindre la coque.

Passons à l’accastillage. Aucune pièce n’existe, Il faut donc que je fabrique tout l’accastillage du bateau, les ferrures de pont du gréement, les poulies il y en plus de 64, les cordages, les voiles, le mât.

Je commence par fabriquer un treuil pour la grand voile, il ne doit pas se dérouler trop vite pour la réalité du déplacement : 40 cm de long.

Perçage, tournage, ajustage pour aligner et installer dans la coque un arbre moteur réducteur, fixer le treuil du gouvernail et celui des voiles de devant.

A l’intérieur de la coque il faut trouver une place fonctionnelle pour les batteries, le récepteur et d’autres matériels.

Puis l’étape du pont commence sur les barrots, il faut ajuster les élongis, barrotins, assemblage à mi-bois, pose des hiloires, un contreplaqué sur le pont, puis les lattes du pont, le roof et le couvert du roof, construction d’une clairevoie.

Les main-courantes seront fixées sur le roof, le coffre à bouteilles de gaz sera fixé à l’avant du roof. Confection du panneau de descente arrière, et du capot, puis de la barre et du banc de quart. Les manches à air sont réalisées à partir de clé en laiton.

J’ai du apporter quelques modifications mineures car je n’ai pas eu certaines cotes dans la construction.

Toutes les ferrures sons réalisées en tôle issue des canettes de Perrier, et étamées, pour fixer les drisses, les poulies, l’étais à chaque extrémité, du bout dehors, de la corne, du mat, de la bomme et du mat de flèche, le support de cabillot au pied de mat, et toutes les ferrures des poulies des simples des doubles et deux triples.

Une poulie simple se compose de 4 pièces en bois, 1 partie alu et un galet dit réa en laiton et d’un axe, la vraie poulie doit en plus avoir 4 rivets

« Dur dur ! » aller au boulot !!

Il faut lancer la fabrication du mat, de la bôme, le mat de flèche, le bout dehors, la corne, réalisés dans du bois pin d’Oregon, tout s’est fait à la cale à poncer...

Il faut penser aux cordages, dans un premier temps il faut une machine à corder ça s’impose… Après plusieurs recherches vaines, j’ai fabriqué ma propre machine à corder : 5 brins et une âme. Mais une verticale pour pouvoir commettre des cordages de bonne longueur. L’alimentation se fait en 9v et ça marche : je suis partie pour environ 36 m de longueur et 4 diamètres différents.

Fabrication de la garde-robe ! Il faut trouver le tissu, après plusieurs essais un coton léger fera l’affaire…

Auparavant plusieurs gabaries ont été réalisés pour définir la coupe des voiles, tracer, découper ça se complique, puis réaliser les faux laies, la bordure, les renforts et enfin coudre la ralingue…

Ensuite j’ai réalisé les défenses ou pare battage sur la base du matelotage …oui !!! Il y a 500 nœuds.Image0025

Voila à peu près toutes les étapes de cette belle aventure, aujourd’hui quelques personnes me posent des questions sur la construction pour leur répondre, j’ai réalisé une tranche de 15 cm du centre du bateau le Saint-Michel II, la moitié coté Tribord fini et le coté Bâbord avec plusieurs étapes de la construction.

Je souhaite vous avoir fait passer un agréable moment et vous donner l’envie du modélisme.

J’ai eu la chance de naviguer sur le Saint-Michel II pendant 3 jours et de faire une belle navigation, ce que beaucoup de modélistes rêvent de faire pendant leur construction.

 

ci-dessous un aperçu avec quelques photos. Vous retrouverez toute la construction sur ce lien : construction du Saint Michel II

 

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